Un soir
GILDA (11 ANS) | 06-04-04
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En ce soir du 20 octobre 1960, à 20h02 précises, un homme...
En ce soir du 20 octobre 1960, à 20h.02 précises, un homme auquel les parents avaient fait subir le supplice de s’appeler pour la vie Emile Renault, relisait pour la troisième fois un polar d’avant guerre. Il portait une paire de lunettes dont les branches avaient jadis été dorées, un peignoir blanc sale et une paire de pantoufles élimées. De son visage inexpressif émanait la fatigue d’un homme dont la vie n’avait été qu’une succession d’évènements importants et qui ne s’attendait pas à voir d’autres choses que son quotidien se présenter à lui.
Soudain, il entendit des bruits provenant d’une porte qu’il ne connaissait pas. Il tendit la main à la poignée mais elle s’ouvrit toute seule, comme si elle avait été destinée à s’ouvrir à ce moment précis de son existence.
Derrière la porte s’étendait une grande salle à manger où des convives en armure mangeaient la nourriture qui se trouvait dans leur assiette à l’aide d’épées de fer.
Emile leur demanda : « Que signifie un pareil habillement ? »
Et les convives de répondre : « Timemus mundum ».
Alors, tout ce qu’Emile avait connu et su s’effaça de sa mémoire et il partit, fou, dans les rues de Paris.
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